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27 Jul

AVANT LA REUNION DE DIJON LE 1ER AOUT, REMISE EN LIGNE DE L'INTERVIEW DE BERNARD FILIATRE : PAROLES D'ENTRAîNEURS

Publié par Oscar de Ramassage  - Catégories :  #LES INTERVIEWS DU DEMI FOND

AVANT LA REUNION DE DIJON LE 1ER AOUT, REMISE EN LIGNE DE L'INTERVIEW DE BERNARD FILIATRE : PAROLES D'ENTRAîNEURS
 

 

Dixit Marc Pacheco : Cinq jeunes pousses au départ face à la vieille racine Emilien Clère et le jeune tronc déjà bien enraciné et champion de France Joseph Berlin-Sémon.

Alors la nouvelle vague se situera-t-elle à leur niveau physique ?
 
Ca peut se rapprocher, technique par contre ce sera leur problème derrière le rouleau de leurs entraîneurs pourtant tous expérimentés.
 
Rdv samedi 15h... faites vos pronostics !
 

1 Jo Berlin Semon / Marc Pacheco  

2 Emilien Clere / François Toscano

3 Léo Bouvier / Antoine Breton

4 Maxime Belair / Bernard Filiatre

5 Nicolas Verne / Michel Filiatre

6 Tanguy Dulac / Romuald Foucher

7 Vincent Lebreton / Alain Gaudillat

La réunion de Dijon m'offre le prétexte de rapatrier du défunt site STAYER FR l'interview de l'entraîneur dijonnais Bernard Filiatre. 

BERNARD FILIATRE : PAROLES D'ENTRAINEUR

 

Cela faisait un bail que l’on n’avait pas procédé à l’interview d’un "pacemaker" sur Stayer FR... Alors, tant qu’à faire, j'ai été vous dénicher l’un des plus titrés en activité [six (6) titres nationaux quand même ], j'ai nommé le Dijonnais Bernard Filiatre.

 

Vous le constaterez vous-mêmes  au fil des lignes, le parcours du garçon a été plutôt du genre atypique. Comme quoi tous les chemins peuvent amener à une moto d’entraînement. D'ailleurs, si çela pouvait susciter parmi vous des vocations, ne vous gênez pas, et transmettez vos coordonnées à votre site préféré, qui transmettra à qui de droit…

  


 

Bernard Filiatre avec Christopher Gamez

 

FILIATRE, Bernard, Michel. Né le 29 Mai 1963 à Dijon

Clubs fréquentés : A.S.P.T.T. Dijon de 1987 à 2005... et le S.C.O. Dijon depuis !

 

STAYER FR : « Le « déclic » pour le demi-fond, il est venu quand, et comment ? »

Bernard Filiatre : « En 1996. Le Président de l’A.S.P.T.T. Dijon, Michel Royer, cherchait alors des entraîneurs. En fait, je dois bien être le seul pacemaker qui n’ait jamais mis un jour un dossard. Je n’étais pas dans le milieu du cyclisme, j’étais motard, et c’est ça qui avait amené Michel Royer à m’en parler. A l'époque, je possédais une Yamaha 600 Ténéré. J’ai vite accepté la proposition, intrigué et curieux que j'étais de voir comment ça se passerait. Et puis je me suis retrouvé pris au jeu, et surpris à faire des ronds et des ronds sur la piste municipale... j'avais contracté le virus. »

 

STAYER FR : « Ne pas avoir été coureur cycliste, cela n’a quand même pas dû être un avantage, non ? »

Bernard Filiatre : «  Au départ, c’était même un handicap. Il a fallu que je mette à niveau, et tout seul ! Je ne connaissais pas toutes les ficelles des courses cyclistes, qu’elles se disputent sur piste ou sur route (Il y a des "ficelles" en demi-fond  ? Alors là, je tombe des nues...) Quelques images du Tour de France à la télé, et c’était là tout mon bagage… Donc, j’ai dû vraiment apprendre le métier par moi-même. L’entraîneur « historique » à Dijon c’était Pierre Lachaize. J’ai donc repris le flambeau, une fois ramassées quelques inévitables « peaux de bananes »… Ah si, j’ai reçu quand même des conseils pendant cette période ! Ceux de Jean Court, bien sûr ! (ancien commissaire international en charge du demi-fond à l’époque),  Mais dans l’ensemble, je peux l'affirmer, c'est vraiment par moi-même que j'ai dû apprendre le "métier" »

 

STAYER FR : « Comment tu conçois ton rôle d’entraîneur ? »

Bernard Filiatre : « L’expérience acquise, il faut la transmettre aux nouveaux entraîneurs... Et aussi être capable de faire venir au demi-fond de nouveaux coureurs »

 

Bernard Filiatre avec Morgan Kneisky, derrière : Michel Filiatre - photo François Bonnin

STAYER FR : « Les nouveaux coureurs justement : c’est quoi la bonne méthode pour prendre un apprenti-stayer en main ? »

Bernard Filiatre : « Déjà doivent s’établir des rapports de confiance mutuels. C’est primordial. Pour le reste, tu dois le faire profiter au mieux de ton expérience. Après, ce qui est beau, c’est de voir le coureur progresser, ou encore constater que l’entraîneur que tu as formé commence à bien se débrouiller sur la moto. Côté coureur, je pense à Guillaume Brasseur par exemple. Regarde les progrès qu’il a fait depuis ses débuts dans la discipline ! Je t'assure que ça fait plaisir de le voir évoluer maintenant à ce niveau ! Quant à son entraîneur, Romuald Foucher, il fait partie à mon avis des meilleurs du circuit maintenant (et en plus, je peux te dire qu’il est difficile à doubler en course, ne serait-ce qu’à cause de sa taille !) »

 

STAYER FR : « On va faire un peu d'histoire, c'est une de mes (nombreuses) lubies. Du coup, te rappelles-tu  le premier coureur que tu aies embarqué dans ton sillage ? »

Bernard Filiatre : « Le premier que j’ai pris sous mon aile a été Denis Vernois. Enfin, je rectifie : à l’époque, entraîneur-débutant que j’étais, c’est plutôt lui qui a fait mon apprentissage, et avec beaucoup de patience, car à l’époque, je commettais pas mal d’erreurs : mettre Denis dans le vent, le faire « profiter »  des turbulences des autres par exemple… On va malgré cela tout de même décrocher une cinquième place pour mon premier championnat de France (disputé sur la piste de Saint-Denis de l'Hôtel, et remporté par Marc Seynaeve - n.d.Stayer Fr-

Après ? j’ai « drivé » Antoine Breton, un Dijonnais champion de France de vitesse, puis... prends des notes, car ça va défiler :  Eric Samoyeault, Romuald Foucher, Laurent Campioni, Gérard Simmonot, Frédéric Denis, Geoffray Febway, Mickael Lazare, Antoine Gorichon, François Lamiraud, Vincent Gérard, Melvin Ruillère, et Christopher Gamez… Tous ces coureurs n’ont pas été champions de France, mais j'ai eu à travailler avec eux, à un moment ou à un autre, ponctuellement ou durablement. Et puis enfin, tu as pu voir en action ici sur le vélodrome municipal le "petit dernier", Philémon Marcel Millet… Je crois en ce garçon. »

 

STAYER FR : « Et puis, bien sûr, il y a ceux avec qui tu as été champion de France, Stéphane Bennetière et David Derepas » 

Bernard Filiatre : « Oui. Et ça fait plaisir, crois-moi, d’avoir été champion de France avec des coureurs dijonnais. C’est une joie bien particulière, que tu ne peux comparer à aucune autre, lorsque tu réussis à devenir champion de France de demi-fond avec des coureurs de ton club »

 

STAYER FR : « Toujours à la rubrique "Souvenirs souvenirs", racontes-nous les circonstances de ta rencontre avec Stéphane Bennetière, et de ton premier titre de champion de France avec lui »

Bernard Filiatre : « Stéphane était déjà champion de France contre la montre, lorsque je lui ai proposé de mettre en place notre association. On commence à rouler ensemble et voilà qu'à l’issue d’une réunion sur la piste de Dijon, Serge Crottier-Combe - un monsieur qui en connaissait un bout sur le sujet, est -il besoin de le préciser n.d. Stayer Fr- ] est venu à ma rencontre pour me dire : « Bernard, tu as derrière toi un futur champion de France ! » Dans la foulée, aux championnats de France à Poitiers, nous faisons troisième, alors que Stéphane n’avait fait qu’une seule course derrière moto, celle de Dijon justement ! Cette fois, c’est Stéphane lui-même qui est venu spontanément vers moi à l'issue de la course pour me dire : « L’année prochaine, je vais le préparer,  ce championnat, et on fera quelque chose de bien ! » Et effectivement, en 2002, sur le vélodrome de Plouzané, nous avons gagné un très beau championnat, et devant Samuel Dumoulin s'il te plaît ! Le soir même, j’appelais Serge Crottier-Combe pour le remercier ! »

 

STAYER FR : « De ces six titres remportés (deux avec Stéphane Bennetière, quatre avec David Derepas), il doit bien y en a voir un qui t’as marqué un peu plus que les autres, non ? »

Bernard Filiatre : «  Le premier est forcément le plus beau… Et  puis... non !... Le plus beau, ce sera le prochain ! Mais je ne suis pas devin… Chaque année, je vois le niveau s’élever;  c’est d'ailleurs une chance pour le demi-fond, et je ne m’en plains pas. Tous les entraîneurs font de leur mieux avec de nouveaux coureurs, et il en émerge un ou deux chaque année »

 

STAYER FR : « Retour à l'album-souvenir : le plus difficile à remporter de ces six titres, ça a été lequel ? »

Bernard Filiatre : «  Descartes, en 2006, indiscutablement. Ce jour-là, à cause de la chaleur terrible, je peux te dire que l’entraîneur a bien souffert. Sinon, un autre moment pénible aura été l'édition 2003, lorsque nous nous sommes fait battre par Samuel Dumoulin. Ce jour-là, Stéphane avait l’impression de ne pas avancer. Et pourtant on en doublait des coureurs, au fil des tours ! Mais c’était bizarre, on était mal, une sensation étrange, inexplicable qui nous a tenus pendant toute l'épreuve, et cela même si nous avons été battus par plus fort que nous ce jour-là !  De toutes façon, tous nos titres ont été gagnés "à la régulière", sans "complot" ou "coups tordus". Et même pour ce qui concerne les courses que nous avons terminé derrière, je peux te dire que je ne conserve aucun regret, et n'ai rien à reprocher à qui que ce soit. Lorsque nous avons été battus, ça a toujours été par plus fort que nous, et sans que nous ayons une excuse quelconque à  faire valoir »

 

STAYER FR : « Ton fils Michel est sur la moto d’entraînement depuis deux saisons maintenant..."

Bernard Filatre : " Non, sept."

 STAYER FR : " ...Pas possible... [Comme le temps passe ma bonne dame, ce que c'est que de nous etc... n.d.Stayer Fr ]  Bon, sept années donc. Tu ne vas pas me dire que tu  n'es pour rien dans sa vocation ? "

Bernard Filiatre : «  Non, non, je te l'assure : il y est venu de lui-même ! Ca lui a plu, à force peut-être de me voir tourner lors des courses où je l’emmenais. Je ne vais pas te cacher que ça me fait plaisir bien sûr de l'avoir vu rejoindre le "circuit". Mais je te vois venir : ne crois pas que la relève est assurée, je n’ai pas encore envie de céder la place !   Je  lui transmet mon savoir au compte-gouttes, car  c’est à lui d’apprendre, par lui-même, et je le laisse se débrouiller… Par contre, à sa décharge, je dois bien préciser que rien n’est simple pour lui, car il exerce un métier difficile, celui de cuisinier, qui lui laisse trop peu de temps libre. Du coup, il ne peut pas être autant disponible qu’il le voudrait pour améliorer sa technique sur l'engin »

 

STAYER FR : « Depuis bientôt trente années que tu es dans le milieu, je suppose que tu dois bien avoir quelques idées pour assurer l'avenir du demi-fond »

Bernard Filiatre : « Bien sûr. D'abord, celle qui consiste à former d’autres entraîneurs, et c’est une priorité ! Et puis aussi celle de favoriser la présence des coureurs français sur toutes les épreuves du calendrier. A mon avis, c’est vraiment indispensable »

« Maintenant que tu n’as plus de questions à me poser, (j'ai pourtant fait mon maximum, je vous l'assure) je voudrais profiter de la tribune que STAYER FR m'offre  pour remercier Bernard Mary, le Président du S.C.O. Dijon, dont l’action a permis que le demi-fond continue à Dijon.

 

Son mérite a été de considérer le demi-fond comme une spécialité à part entière (une spécialité... à part... entière. Ca me rappelle quelque chose , pas vous ? –n.d. Stayer fr) et il a à cœur que le vélodrome de Dijon accueille un rendez-vous annuel »

______________

 

Patrick POLICE pour STAYER FR le 11 Mars 2017 - transféré sur STAYER FRANCE le 20 Juillet 2020

 

 
  • Très beau reportage, je connais Bernard depuis longtemps mais j'ignorais la façon qui lui avait permis de devenir le très bon entraîneur que l'on connait.
    Il a raison d'affirmer qu'il faut attirer un maximum de coureurs Français à cette belle discipline, le seul moyen de progresser et être présent au niveau international.

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Meunier Michel 27/07/2020 12:50

Interview très intéressante, j'ai appris pas mal de choses...encore encore svp

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