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STAYER FRANCE  :  100 % demi-fond et derny - depuis 2005 au service du demi-fond et du derny

STAYER FRANCE : 100 % demi-fond et derny - depuis 2005 au service du demi-fond et du derny

STAYER FRANCE ex-STAYER FR est le blog du demi-fond et de l'association FRANCE DEMI-FOND. adresse mèl : fddf@dbmail.com page Facebook : @VANWOORDEN21

Publié le par Oscar de Ramassage
Publié dans : #LES INTERVIEWS DU DEMI FOND

J'ai le plaisir de partager cet interview réalisé en 2005, année de la création du blog "Les Fondus du Demi-Fond", qui deviendra  STAYER FR puis STAYER FRANCE. 

Cet article avait porté "perdu à jamais" suite au "blitz" informatique de 2019, où tous les travaux mis en ligne sur STAYER FR  avaient dû être transférés sur STAYER FRANCE pour les sauvegarder.  

Une petite bouffée de nostalgie ne peut faire de mal en ces temps difficiles, et c'est le moyen de rendre hommage à un beau stayer français, Anthony Gillot, celui que Jean Court - l'homme qui a permis au demi-fond de passer le cap du 21ème siècle, avait plaisir à surnommer son "plus beau champion de France"

Antony quitte les rouleaux du home-trainer pour affronter les questions des FONDUS … Le moment idéal pour parler à bâtons rompus, c’est le temps mort entre deux manches… Profitons en. 

 

F.D.D.F : Tu n’es pas parti un peu vite dans cette manche ? Vous avez fait un de ces départs « sur les chapeaux de roue » avec Smeulders …

A.G : Effectivement, on est parti un peu trop vite …

 

F.D.D.F : Christoph Breuer semble être un « client ». Ils sont forts, en général, ces stayers allemands ?

A.G : Oui, oui… Et encore, ici, à Coueron, ce ne sont pas les plus forts qui sont là… Je dirais que ce sont des allemands "de notre niveau"

En Allemagne, il y a des « grosses cylindrées »… Par exemple, j’ai eu la chance en 2001 de courir avec le dernier Champion du Monde en titre, Podlesch, c'était en Hollande… En Août 2004, après le championnat de France, je suis allé faire une course de Demi-Fond en Belgique puis à Cologne participer à une autre course organisée par Jean Breuer (le père de Christoph) Il y avait le champion d’Allemagne en titre, Stéphan Klare, et c’était vraiment super… Il faut dire qu’ils ont de belles pistes en bois, des courses fréquentes, ils « pratiquent » toute l’année.

Même pendant les Six Jours, l’hiver, il y a des courses de demi-fond. Dans les courses là-bas, il faut vraiment être costaud pour pouvoir entrer - et rester- dans le « circuit »

 

F.D.D.F : Venons en à des questions plus personnelles, maintenant … Depuis combien de temps es tu dans le Demi-Fond ?

A.G : Depuis 1999. En fait, j’ai commencé un peu par hasard… Il y avait le Championnat de France qui était organisé à Coueron et le Vélo Club Coueronnais cherchait un coureur de la région pour participer à ce championnat. Il y avait quelques noms de pressentis… et ces gars se sont désistés. Et puis je suis venu, comme çà, demander au président du V.C Coueron si je pouvais accomplir des essais. Je connaissais bien la piste et je précise que j’avais pratiqué d'autres spécialités de la piste, sauf le demi-fond, qui restait un peu mystérieux pour moi.

J'ai été mis en relation avec feu Michel Barrault, qui a mis à ma disposition un vélo de demi-fond. J'ai débuté mon apprentissage un vendredi soir après la semaine de boulot (!) C'était très dur, car il y avait du vent  ! Sur le vélodrome, pour garder le sillage, avec en plus l'appréhension du rouleau... bref, je me suis pris du vent et çà a été pénible. On est resté à dormir chez Dominique Cierra pour recommencer dès le lendemain matin. Le samedi, celà allait mieux, il y a eu une bonne adaptation, et c'était plutôt bon signe pour la suite.

L'après-midi, j'ai été courir sur route dans le Loyon (je connaissais pas – n.d. f.d.d.f.). Là je fais cinquième, et je rencontre l'entraineur de Marc Seynaeve, ce dernier étant alors le meilleur stayer français... autre signe. Pour le championnat de France, Michel Barrault m'avait dit : « au vu de ce que tu as montré, tu seras sur le podium... »  En fait, je l'ai gagné, dans le sillage d'Alain Maréchal ! 

En 2000, je récidive à Châteaubriant. En 2001 à Angers, je fais second derrière Marc Seynaeve entrainé par Michel Barrault. Seynaeve était imprenable cette année-là. En 2002 à Brest, nous sommes trois ou quatre prétendants, mais au bout d'une vraie bagarre de chiffonnier (quatre ou cinq attaques chacun son tour), je dois abandonner... En 2003, pas de championnat de France à cause d'une carence en fer. Je suis complètement "à la rue" une semaine avant le championnat. Ultime test lors de la réunion de Commentry : pas de force, pas de récupération, du coup, forfait pour le championnat. Enfin, en 2004, je démarche Raymond Persyn, mon entraîneur, Alain Maréchal, étant alors associé à William Miloux...

 

F.D.D.F (ou : comment rebondir) : On va évoquer le Championnat 2004 tout à l'heure. Dans ton comité du Pays de Loire, tu es le seul à pratiquer cette spécialité?

A.G : Quand j’ai commencé, j’étais tout seul et puis William Miloux s’y est mis quand j’ai rejoint l’U.C Nantes . Je lui en avais touché quelques mots et çà le bottait bien de tenter sa chance dans cette spécialité. Mais faute de temps libre pour s’entraîner, il vient d’arrêter.

 

F.D.D.F : Es-tu toujours à l’U.C Nantes ?

A.G : Non, j’en suis parti il y a deux ans et je suis désormais à l’E.S Segré, là où en fait j’ai commencé le vélo.  

 

F.D.D.F : Quel âge as-tu ?

A.G : Vingt-neuf ans; je suis né le 22 Avril 1976 à Angers.

 

F.D.D.F. : A ton palmarès, deux titres de champion de France, donc ….

A.G : Non, trois. Mon premier titre, c’est en 1994, pour la course aux points juniors sur piste. Puis en 1999 et 2000 pour le Demi-Fond. Et puis j’ai fait partie de l’Equipe de France Militaire de poursuite par équipes troisième du championnat du Monde en Italie à Forli, en 1997.
 

Tiens, je n'oublie pas mon titre de champion de France scolaire de course à pied par équipes de 6 en 1993. Et un titre de champion des Pays de Loire Espoirs en 1997 sur route (18 titres en tout de champion régional Pays de Loire), deux titres de champion d'Ile-de-France en 2000, sur piste, en poursuite par équipes et en poursuite individuelle. Et puis pas loin d’une trentaine de victoires sur la route. Et enfin près d’une centaine sur la piste.

F.D.D.F : Une question sur l’environnement de ta pratique maintenant : comment te déplaces tu pour te rendre sur le lieu des courses ? En famille ? Seul ? Avec ton club ?

A.G : Ca dépend, à Commentry, aux championnats de France, par exemple, ce sont les dirigeants de mon club qui m’ont accompagné, et puis la famille m’a rejoint le lendemain, le jour du championnat

 

F.D.D.F : Justement, que t’es t- il donc arrivé ce jour-là ?

A.G : Le championnat de France… Je me suis longtemps posé la question. Dans la première manche, j’étais trop facile, je crois ! Et ce qui s’est passé. Bon, il y a eu beaucoup de gens qui sont venus me voir, en me disant « c’est bien… il n’y a pas de raison que ça ne passe pas  » Et puis l’attente a été un peu longue entre les qualifications et la finale. Quand je suis monté sur le vélo pour la finale, je n’avais plus la même sérénité que pendant les qualif's. Et un coup de stress m’a pris, et ça a été terminé.

 

F.D.D.F. : Quand on repense à la première manche, tu y étais vraiment impressionnant …

A.G : Je suis convaincu que c’est vraiment à cause de ce que je viens de te dire si ça n’ a pas marché. Certes, j’avais mis un braquet plus gros qu’aux qualifications. Mais  vu ma condition, ça aurait dû passer pareil.  

 

F.D.D.F :   Comment t’y es- tu pris pour trouver un vélo de demi-fond (cherchez pas à comprendre … C’est quelque chose qui reste pour moi infiniment mystérieux que l’achat d’un vélo de stayer...

A.G : En France, c’est Jean Court en général qui met à la disposition des coureurs des vélos qui sont dans les locaux de la Fédération… Quant au mien, c’est un vélo qui appartient au Comité de Poitou-Charentes...

 

F.D.D.F : Quel est le coureur, le personnage, ou encore le moment qui t’a le plus impressionné durant ta carrière de stayer ? 

 

 

 

 

 

 

 

A.G : … (Intense réflexion) Les moments les plus forts, c’est ce que je vais retenir. Il y en a plusieurs. Tu vois, j’ai vécu un peu le demi-fond en deux phases.  Il y en a eu une première lorsque, débutant, j’ai connu la réussite tout de suite. Et donc à l’époque j’avais un entraineur de Châteaubriant, Christian Carrier, qui me préparait vraiment bien, et qui me connaissait parfaitement.

Et puis, quelques années plus tard, la seconde où j'ai connu un moment de creux où cela a été vraiment très très dur pour moi. Avant, je m’entrainais derrière Alain Maréchal, mais j’ai eu deux/trois années blanches et en 2003, je n’ai pas participé aux championnats de France et de ce fait notre association s’est interrompue, et c’est un entraineur Belge qui m’a alors ramené au haut niveau : Raymond Persyn, en 2004, pour préparer les championnats de France.

Ce sont les deux personnes ci qui m’ont le plus marqué dans ma carrière. Le premier, Christian Carrier, m’a vraiment bien préparé aux efforts de la route et le second, Raymond Persyn avec qui on a tout fait pour gagner le championnat de France. Avec Raymond donc, c'est moi qui ai fait la démarche, car Alain Maréchal était alors avec William Miloux.

Fin 2003, je décide de repartir de zéro. Je demande à Raymond s'il veut bien m'entrainer pour les championnats de France " J'accepte, me dit-il, mais à une condition : c'est que tu redeviennes un vrai coursier ! "

Dès lors, la préparation a consisté en une semaine en Belgique, à son invitation, en débutant par une course derrière derny à Boom (la ville d'Edwin Smeulders), gagnée par Smeulders devant Omloop et Mattan. J'avais fini derrière ce beau monde un peu dans la misère à cause de la fatigue du voyage fait dans la journée, et pour cause de panne du derny, ce qui m'a valu une demi-heure dans le sillage de Smeulders avant de récupérer le derny ! Puis j'ai enchainé avec des courses sur route, type "kermesses", des "toutes caté" où tu côtoies des types de tous âges et de toutes corpulences... et qui roulent, mais qui roulent ! Et puis j'ai panaché avec des entrainements sur la piste d'Hulshout, derrière moto. Au championnat de France, j'étais fin prêt - Merci Raymond - et sans des ennuis mécaniques...

En « qualifs », le rouleau avait cassé, déjà... En finale, du fait de ce satané rouleau, mal resserré, je n'ai pu attaquer Bennetière qu'une seule fois, le changement de moto, avec l'effort de reprise qu'il nécessite, conjugué avec la particularité de la piste lyonnaise m'ayant été un trop gros handicap.

Pour en revenir à Raymond Persyn, j'ai eu le privilège depuis de revenir chez lui cette année pour un séjour d'une semaine en famille, une famille accueillante et généreuse. Ils m'ont fait découvrir les Flandres, la Belgique, et j'ai participé aux épreuves organisées à S'Gravenwesel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au terme de ce séjour « touristico-sportif », je peux affirmer que les Flamands sont des gens chaleureux, et qu'ils font tout pour que le coureur soit dans les meilleures dispositions.


Et pour clore le chapitre des grands souvenirs, je n'oublie pas ce Grand Prix de la Banane en 2000, en Martinique, où je gagne, sous le maillot d'Aubervilliers une étape de montagne (!) dans une ambiance indescriptible, en battant deux coureurs colombiens qui m'avaient dépassé peu avant le sommet du terriblement pentu Mont-Claude. La télé retransmettait tout cela, et le lendemain, les gens criaient mon nom sur la route ! Quel souvenir !

Autre grand moment en 1994, à Grenoble, quand je remporte avec le Comité Pays de Loire la finale de la Coupe de France sur piste devant l'Ile de France. Là, on les défie   "sur leurs terres" au P.O.P.B. de Bercy lors de l'Open des Régions, en ouverture de l'Open des Nations. Et on les a battus !... Là aussi, grand moment ...

                              

F.D.D.F. : Comment tes camarades de club voient ils ton activité de stayer ? Le demi-Fond , çà les épate ? Ils trouvent cela bizarre ? Dangereux ?

A.G :  Ils sont d'abord surpris : "c'est quoi, le demi-fond ?"  Puis il y a le braquet, qui leur semble énorme Tu as beau leur expliquer que ça équivaut peu ou prou à un 53 x 12 que tu entraines avec la vitesse, ils ont du mal à y croire. 

Et puis il y a l'appréhension, d'être "à fleur de rouleau »  Et aussi  le fait aussi que, beaucoup, dirigeants, coureurs, pensent que "ça crame le coureur".  Ils disent que c'est hyper-dur, très physique, que ça fait souffrir. Mais à mon avis se "crament" ceux qui ne sont pas prêts physiquement, pas assez entrainés.  Ceux- là, c'est sûr, ils auront mal comme jamais. Car en effet on souffre sur une manche de demi-fond ! Maintenant, quand je me retrouve dans une bordure, sur la route, je relativise... Car en demi-fond, les douleurs posturales, celles consécutives à l'échauffement de l'assise à cause du frottement sur la selle, la tétanisation des bras, des jambes, le coeur, sollicité comme lors d' un contre-la-montre, avec en plus les passages en haute fréquence quand il faut attaquer, et se mettre alors nécessairement dans le rouge... C'est impressionnant comme l'on peut souffrir en demi-fond

F.D.D.F. : Ton avenir dans le Demi-Fond ?

A.G : Pour moi, 2005 devait être ma dernière année. Parce que c’est vraiment une discipline exigeante. Il faut toujours être bien physiquement.  Et là, je commence à avoir une vie de famille. Il y a un bébé à la maison depuis le 6 Décembre 2004, une petite fille nommée Marie. Cela prend du temps, naturellement, et je ne veux pas laisser ma vie de famille de côté !

F.D.D.F. : Alors, en 2006 ?

A.G : Pour 2006… (re-intense réflexion) … Je serai encore là !

 

Patrick Police, pour STAYER FRANCE

Remise en ligne de l'interview réalisé pour le blog "Les Fondus du Demi-Fond" en 2005. 

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B
Un des stayer qui joignant la classe , la souplesse la beauté dans sa position
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